Est-ce que les compétences acquises lors d’un travail sont transférable?

Par Raphael Proulx, CRHA, le 8 août 2016. Aucun commentaire

Depuis le lancement de mes articles sur notre blogue, je tente d’adresser mes textes tant aux travailleurs qu’aux représentants d’entreprises. Il est important que les deux auditoires réalisent qu’il y a toujours un croisement entre les sujets traités.

Suite à mon article « Les travailleurs d’expérience; une solution aux obstacles du recrutement? », une professionnelle dans le milieu de la recherche a soulevé un questionnement très intéressant : « Je me pose une question : l’expérience sur le marché du travail est-elle reconnue suffisamment comme étant transférable dans le cas de réorientation de carrière? J’ai l’impression que les recruteurs n’en tiennent pas compte. Dans ce cas, on se retrouve au même niveau qu’un jeune étudiant qui entre sur le marché du travail ». Ce commentaire m’a permis de me questionner à nouveau sur cette réalité qu’est le transfert des compétences.

Voici mes questionnements:

  • s'enfuirEst-ce un atout d’avoir plusieurs compétences dans un seul et même domaine?
  • Quel est l’avantage d’avoir des compétences très variées dans plusieurs domaines?
  • Est-ce qu’un recruteur est en mesure d’évaluer les compétences détenues et transférables d’un candidat?
  • Appartient-il au travailleur de s’auto-apprécier et de ressortir les compétences applicables dans les emplois qu’il souhaite obtenir?

Il y a un travail d’introspection que les travailleurs doivent à un moment réaliser dans leur carrière. Que ce soit pour une promotion interne, pour un changement d’emploi ou pour une réorientation de carrière. Les individus se doivent de se connaître eux-mêmes avant d’espérer que les autres l’accomplissent à leur place. Il m’est arrivé trop souvent de rencontrer des travailleurs ayant perdu leur emploi dans des licenciements collectifs et de me trouver devant une personne d’expérience ayant aucun mot pour décrire ce qu’elle fait, comment elle le faisait et quelles étaient les prérogatives pour qu’elle le réalise avec succès. La prise de conscience que ces travailleurs ont quand nous les accompagnons à réaliser leur acquis est phénoménale.

La question ici est :

  • Est-ce que l’entreprise cherchant de la main-d’œuvre n’aurait-elle pas tout avantage à étudier plus attentivement les candidatures?
  • Cela lui permettra-t-elle d’identifier des candidats intéressants qui, par une suite d’événements, n’avaient peut-être pas eu de l’aide pour inventorier leurs compétences développées?

C’est maintenant à son tour de se questionner et de s’assurer de ne pas laisser filer une candidature compétente en cette période de rareté de main-d’œuvre. En ce sens et à titre d’exemple, il serait possible de réaliser qu’un travailleur ayant travaillé 15 ans dans l’industrie du textile et ayant occupé des positions variées dans l’entreprise serait en mesure de bien relever les défis liés à un emploi dans le domaine du plastique.

Je réalise qu’il est parfois difficile pour ces travailleurs d’imaginer la possibilité de transférer leurs compétences dans un environnement complètement différent. Pourquoi un travailleur d’usine serait obligé de retourner dans une usine? Des compétences acquises ne se transfèrent pas juste dans un seul type d’industrie! Pour exemple, une personne très proche de moi a déménagé dans une autre région. Elle a donc dû changer d’emploi. Elle était directrice générale d’une grande chaîne de restaurants québécoise. La personne avait débuté comme serveuse, ensuite gérante, pour évoluer comme gestionnaire et directrice adjointe. Sa principale crainte était d’avoir de la difficulté à se trouver un emploi en gestion, n’étant pas diplômée et pas nécessairement intéressée à retourner dans le milieu de la restauration. Il a donc été très important, dans son CV et dans sa lettre de présentation, de démontrer les compétences de gestion développées au fil du temps et surtout de mettre en évidence celles qui répondaient aux exigences des postes sur lesquels elle postulait. Elle a vite réalisé qu’il lui était possible de postuler sur un grand nombre de postes malgré son inexpérience du milieu. Ses compétences suffisaient pour satisfaire aux exigences des postes.

Ce qui est important de se rappeler de cet article est que tous développent des compétences dans leur poste respectif. Du laveur de planchers au directeur général, chacun a, à sa façon, développé des acquis qui doivent, à un moment ou à un autre, être identifiés pour en faire profiter. Le travailleur et l’entreprise auront l’opportunité de profiter de ces belles compétences.

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