Les valeurs, les conflits de valeurs et la souffrance au travail

Par Johanne Bisson, CHRA

Tout a une valeur. La valeur est ce que représente, pour soi et/ou pour un groupe, quelqu’un ou quelque chose, quantitativement, financièrement, qualitativement ou symboliquement.

Les personnes, les entreprises, les choses, tout ce qui nous entoure a une valeur. « Créer de la valeur », est une expression consacrée dans le monde économique. Dans les entreprises, on veut ajouter de la valeur à nos actions. On comprend bien qu’il s’agit ces aspects quantitatifs et financiers de valeur que l’on peut exprimer en devises monétaires. Dans le même sens, le travail d’une personne dans une organisation se voit aussi évalué et exprimé en valeur monétaire, laquelle se traduit par la rémunération. Du point de vue économique, le concept est assez clair. Qu’en est-il des valeurs, au sens selon lequel on accorde une importance à ce qui compte, à ce qui est à la base de nos décisions, de nos actions et de nos comportements ? Bien sûr, les entreprises se targuent souvent d’avoir identifié les valeurs. Il arrive même qu’on puisse les lire sur les murs dans les salles d’attente ou encore dans les rapports annuels. Mais comment cela s’exprime dans les faits et surtout au quotidien?

Les valeurs au quotidien

Il m’a souvent été permis de constater que les valeurs « morales », celles qui guident nos actions parce qu’elles nous sont chères, sont écorchées. L’importance que l’on accorde à des actions, des décisions et des comportements en lien avec nos valeurs influence notre bien-être, voire notre santé. Il m’a aussi été trop souvent permis de voir des gens malheureux dans leur emploi, qui s’éteignent lentement en attendant le vendredi ! Pourquoi donc s’astreint-on à entretenir une occupation ou un emploi qui ne nous permet pas de s’épanouir, de se développer et de se réalise comme personne humaine ? Pour satisfaire ses besoins de base, parce qu’il faut bien faire quelque chose, parce que c’est mal vu de ne pas être occupé… Mais à qui cela sert-il ? Ce questionnement dérange, oblige à prendre conscience et déstabilise. C’est long une semaine, un mois, une année à faire ce qui ne nous comble pas? Le rôle du gestionnaire dans tout cela qu’en est-il?

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Madame Diane Girard, Consultante en éthique organisationnelle, présente un texte très éclairant où il est question de conflits de valeurs et de souffrance au travail basés sur diverses études qui en exposent les influences et les effets. Puisque le travail occupe une grande proportion de notre temps, il me semble important que ce temps soit consacré à réaliser des actions où les valeurs individuelles sont le plus possible en harmonie avec celles du milieu ou du contexte. Il ne s’agit pas uniquement d’une affaire individuelle, bien que chacun soit responsable de ses choix, mais, entre autre, d’une combinaison complexe de valeurs individuelles, collectives et organisationnelles. Plus les écarts dans le partage des valeurs sont ténus, moins il y aura de tensions, plus il y aura de mobilisation contribuant indéniablement au bien-être des individus et à leur contribution au travail. La gestion responsable verra donc à relever la situation et à aborder la situation pour envisager des options de solutions constructives. Vécues au quotidien, ces tensions deviennent intenables tant pour la personne que pour l’organisation. Agir en prévention c’est possible lors du processus de sélection. Comme chacun sait, les organisations et les individus évoluent. Une gestion vigilante permettra de déceler ces situations et de les adresser avec éthique pour la santé du climat de l’organisation et le bien-être de l’individu. Il s’agit justement de mettre en action des valeurs capitales en gestion des ressources humaines: le respect et la santé au travail.

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